Un premier match de la LNH au Centre Bell pour Julien Fournier

 
 
À quelques heures de son premier match de la LNH au Centre Bell, Julien Fournier se sent tout simplement fébrile et a hâte de prouver qu’il mérite sa place.  Natif de Gatineau, Julien a fait ses débuts comme officiel de hockey à l’âge de 13 ans dans les divisions Novice et Atome, pour l’Association de Hockey Mineur de Hull et cette semaine, son cheminement le mène à la LNH.
 
Raconte-nous tes débuts dans le monde de l’arbitrage de hockey ?
J’ai débuté pour gagner un peu d’argent de poche les fins de semaine ce qui me permettait en même temps de jouer au hockey.  Mon père était également officiel au hockey, donc ça nous permettait d’échanger des conseils et ainsi meubler nos conversations à l’heure du souper.  J’aime beaucoup le hockey, donc ça me permettait d’avoir plus de temps sur la glace. C’était vraiment par pur plaisir.
 
Comment s’est développé ta passion pour l’arbitrage ?
Au départ, c’était une option fort plus intéressante que de travailler dans une chaîne de restauration rapide ou autre.  La passion a rapidement enchaîné lorsque j’ai commencé à arbitrer des divisions de plus haut calibre et lorsque mes amis se sont également mis à l’arbitrage. C’est à ce moment où j’ai vraiment eu l’étincelle et le désir de donner le meilleur de moi-même et de me surpasser.
 
À quel moment as-tu commencé à rêver d’arbitrer dans la LNH ?
Au départ, je rêvais à évoluer dans le programme provincial des officiels élite de Hockey Québec, puis à la Ligue de Hockey Junior Majeur du Québec.  Une fois que j’ai gradué au Junior AAA, nous avions de la visite des dépisteurs de la LNH, et c’est à ce moment où j’ai réalisé que je pourrais possiblement en faire une carrière dans le hockey professionnel si je m’y concentrais à temps plein et que je continuais à vouloir m’améliorer.  Finalement, tous les efforts que j’ai investis ont commencé à porter fruit, et ce, très rapidement.
 
Qu’est-ce que le programme provincial des officiels élite de Hockey Québec t’a apporté dans ton cheminement de carrière ?
Ce programme m’a d’abord permis de me développer comme individu.  L’encadrement offert est d’une qualité très professionnelle, ce qui nous amène à nous développer tant au niveau professionnel que personnel.  Au-delà des techniques d’arbitrage, j’ai appris comment me comporter, autant sur la glace qu’à l’extérieur de la glace.  La supervision offerte est un outil de développent extraordinaire, que les commentaires soient positifs ou constructifs, c’était toujours pertinent et intéressant.  Le programme m’a donné tous les outils nécessaires pour que je puisse continuer à m’améliorer par moi-même.
 
La vie d’un arbitre peut parfois sembler solitaire, comment réussis-tu à y trouver du plaisir ?
J’ai été chanceux puisque j’ai grandi avec Nicolas Loyer, Alexandre Côté, Maxime Mongeon-Charron et Nicolas Comtois. Ces quatre officiels de l’Outaouais m’ont toujours accompagné et je les considère comme des mentors grâce à l’entraide et la constante rétroaction lorsque nous travaillons ensemble.  Comme officiel, nous avons souvent de longs trajets à parcourir pour se rendre à nos assignations et de pouvoir partager ces moments avec ses collègues, on y développe une belle camaraderie. C’est ce qui rend l’expérience plaisante.  Cette année, avec mes nouvelles assignations, je me retrouve souvent à voyager seul, alors je communique maintenant par téléphone avec mes anciens coéquipiers de façon régulière afin d’échanger sur leurs expériences et des situations particulières qu’ils ont vécu.
 
Pourquoi crois-tu qu’il y ait tant d’officiels québécois qui connaissent du succès sur la scène professionnelle et internationale ?
J’ai l’impression que les officiels québécois se mettent moins de pression de performer et réussissent à avoir plus de plaisir sur la glace.  La passion que les québécois ont pour le sport du hockey y est sûrement pour quelque chose également.
 
Quels conseils donnerais-tu à un arbitre qui débute ?
L’arbitrage est une belle aventure.  C’est normal de ne pas savoir dans quoi on s’embarque et de n’avoir aucune idée que ça peut faire une différence dans notre vie. Mon comportement et tempérament ne seraient pas les mêmes sans l’arbitrage.  On y développe la confiance en soi, les aptitudes de communication, des qualités athlétiques et des liens sociaux.  J’applique aujourd’hui des concepts de l’arbitrage à toutes les sphères de ma vie.
 
À quoi ressemblera cette saison pour toi ?
Cette année, j’aurai la moitié de mes assignations dans la LNH et l’autre moitié dans la East Coast Hockey League.  Même si c’est une grande fierté pour moi d’atteindre la LNH, j’aurais vraiment pensé qu’aujourd’hui aurait été pour moi un sentiment de devoir accompli, mais je me vois plutôt excité devant ce nouveau défi que j’ai hâte de surmonter.
 
 
Julien a fait ses débuts lundi soir à Ottawa devant sa famille et ses amis et nous lui souhaitons plusieurs années de succès et de continuer à faire honneur à tout le Québec.

 


Source: Hockey Québec