Elizabeth Mantha, soeur du hockeyeur Anthony : Une femme parmi les hommes

Elizabeth Mantha a fait ses débuts en 2011 comme arbitre. Moins de 10 ans plus tard, elle sera d’office lors du Championnat mondial féminin en avril 2020 à Halifax. — PHOTO LE PROGRÈS, ROCKET LAVOIE

 

Le Challenge midget AAA présenté à La Baie cette semaine offre du hockey intéressant aux amateurs de la région. Il s’agit d’une belle expérience pour les jeunes joueurs, mais aussi pour les officiels en poste. Elizabeth Mantha est une jeune arbitre qui a attiré l’attention, étant la seule femme arbitre en chef non seulement du Challenge, mais aussi la seule de la Ligue de hockey midget AAA du Québec (LHMAAAQ).

 

La Longueuilloise est la soeur de l’attaquant des Red Wings de Détroit Anthony Mantha. Considérée par plusieurs comme l’une des meilleures au Canada et même au monde, elle sera d’office en tant qu’arbitre en chef pour le Championnat du monde féminin disputé à Halifax en avril 2020, et ce, avant même de souffler ses 30 bougies.

 

Elizabeth en est à sa deuxième saison dans le circuit de la LHMAAAQ. L’année dernière, elle est devenue la deuxième femme à se tailler un poste dans l’histoire de la ligue, après Mélanie Bordeleau quelques années auparavant. Pour elle, il s’agit d’une excellente occasion d’acquérir de l’expérience. « Ce n’est pas toujours facile, mais en même temps, ça me donne beaucoup d’expérience au niveau de la vitesse, de la vitesse d’exécution et des contacts physiques. Quand j’arrive pour faire les matchs internationaux féminins, c’est beaucoup plus facile pour moi de s’ajuster au calibre. Des matchs États-Unis-Canada, on n’en fait pas souvent. C’est vraiment difficile d’être à ce niveau-là quand tu fais juste un match comme ça par année. Faire du hockey masculin me permet d’exceller dans ces matchs-là », explique la principale intéressée.

 

UN PARCOURS RAPIDE

L’ex-défenseure pour les Carabins de l’Université de Montréal a connu un parcours fructueux lors de son passage universitaire. Elizabeth a mis la main sur un championnat canadien, en plus de soutirer deux médailles d’argent et une de bronze sur la scène universitaire canadienne. C’est en 2011 qu’Elizabeth Mantha décide de se lancer dans l’arbitrage. « J’ai commencé à arbitrer pendant que j’étais à l’université pour avoir un petit gagne-pain. »

 

Depuis, elle a ajouté deux championnats du monde féminins des moins de 18 ans, dont une rencontre pour la médaille d’or et un autre senior dans la division B, en plus d’officier à plusieurs reprises à la Coupe des 4 nations.

 

« Au début, je n’étais pas au courant qu’il y avait toutes ces occasions. Dès ma deuxième année, j’étais sur le circuit provincial féminin et je côtoyais les filles qui sont aussi au niveau international. Ça m’a motivée, je me suis dit que c’était possible de le faire. Je ne pensais pas être rendue là aussi tôt », avoue-t-elle. En avril dernier, elle a été finaliste du Gala Sports Québec dans la catégorie officielle de l’année niveau québécois/canadien.

 

OBJECTIF OLYMPIQUE

Elizabeth Mantha a maintenant un objectif précis en vue, les Jeux olympiques de 2022 en Chine, mais elle n’écarte pas toute autre expérience qui pourrait s’offrir à elle. « Mon objectif a toujours été les Olympiques. Le hockey masculin est un bonus qui peut m’aider à atteindre mon objectif. Ça ne s’est jamais vu une fille dans le junior majeur donc je ne peux pas vraiment me fixer ça comme objectif et c’est hors de mon contrôle, mais les Olympiques, c’est plus réaliste. En ayant le Championnat du monde cette année, c’est une bonne étape pour atteindre mon objectif. » AVEC DAVE AINSLEY