Anthony Beauvillier à l’école de la victoire

Pour la première fois depuis l’élimination des Islanders de New York en deuxième ronde des séries de la LNH, Anthony Beauvillier rechaussait les patins, en fin de semaine, dans le cadre de la Classique officielle Bob-Bissonnette, à Lévis. L’ancien des Cataractes de Shawinigan a pris goût à la victoire au cours des derniers mois, et ce, même s’il n’a pas pu soulever la «Bob Stanley» avec ses coéquipiers des Capitales de Québec.
 

Les Islanders ont surpris bien des experts, cette saison, en se battant pour le premier rang de la section Métropolitaine, qu’ils ont concédé aux Capitals de Washington par un point. Au premier tour, les Penguins de Pittsburgh ignoraient qu’un coup de balai de quatre matchs les attendait dans le détour en première ronde.

«Je pense qu’on a réussi à créer quelque chose, cette année. On a fait un grand pas vers l’avant, c’est bon pour l’avenir de l’équipe. Des joueurs autonomes pourraient être intéressés de signer avec nous. Dans les séries, il y avait de l’intérêt, de l’attention médiatique, on était scruté à la loupe, on se sentait comme le Canadien en saison... Avec notre retour dans le vieil aréna, tout le monde était excité. Je pense que ça y a été pour quelque chose dans nos succès», a estimé l’attaquant de 21 ans.

Pourtant, personne ne donnait cher de la peau des Islanders en début de calendrier. Surtout pas après le départ vers Toronto de John Tavares. Mais voilà, l’arrivée d’un nouvel entraîneur-chef (Barry Trotz) et d’un directeur général d’expérience (Lou Lamoriello) a modifié la donne.

«On est parti de loin avec tous les changements, mais ça fait du bien à tout le monde. Je ne dirais pas que le départ de John a expliqué nos succès, mais ce sont surtout les critiques négatives envers nous à l’effet qu’on ne ferait pas les séries qui nous ont donné de l’énergie. Ça nous a un peu piqués dans notre orgueil dans la chambre, on formait vraiment un groupe uni, tout le monde a embarqué dans le bateau. C’était vraiment spécial entre nous, l’esprit d’équipe a été notre grande force, cette année, et on a bien appliqué le système mis en place par le coach», a confié leur choix de première ronde (28e) en 2015.

Saison moins productive

Beauvillier a connu une saison légèrement moins productive que l’an passé avec 28 points (18 buts) comparativement à 36 (21 buts) à sa seconde campagne. Mais il a appris la chose la plus difficile dans le sport : gagner sur une base régulière.

«J’ai connu une saison de hauts et de bas, mais je suis jeune et j’apprends encore, je suis comme une éponge. Par contre, c’était la première fois qu’on connaissait du succès en équipe. L’état d’esprit est différent quand tu peux l’emporter à chaque match. Se battre pour la première place au lieu de se battre pour une place dans les séries, ce n’est pas la même chose.»

Les Islanders ont été victimes du scénario inverse, en deuxième ronde, en perdant en quatre matchs contre les Hurricanes de la Caroline, une autre organisation ayant renoué avec les succès et reçu l’appui des amateurs. 

On croyait en nos moyens, on pensait passer au travers», a-t-il dit en se remémorant la défaite de 1-0 en prolongation dans le premier match.

Son premier contrat professionnel étant écoulé, Beauvillier est présentement dans l’attente d’en signer un autre. Voudrait-il s’engager à long terme avec les Islanders?

«Pour l’instant, ce n’est pas dans mon contrôle. J’imagine qu’on va entamer des discussions dans les prochaines semaines. Évidemment, je vais rester avec les Islanders, alors ce n’est pas quelque chose qui me stresse. Je suis bien là-bas, j’aime l’endroit et l’organisation, j’aime vraiment ça à New York.»

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UN REPÊCHAGE INOUBLIABLE

En cette semaine de repêchage de la LHJMQ, qui aura lieu à Québec, samedi, Anthony Beauvillier n’avait pas besoin de revenir loin derrière pour se souvenir de sa deuxième sélection au total en 2013 par les Cataractes de Shawinigan. «C’est fou comme ça passe vite, j’ai l’impression que c’était hier. J’ai été repêché il y a six ans, et j’ai déjà joué trois saisons dans la LNH...»

Le joueur originaire de Sorel suggère à tous les espoirs d’aujourd’hui de savourer le moment avec leurs parents. «Il s’agit d’une belle expérience à vivre, surtout que la LHJMQ fait ça en grand. Tu as des papillons dans l’estomac, tu ne sais pas où tu t’en vas, il n’y a pas de mots pour décrire ce que tu peux ressentir. Moi, tout s’est bien passé avec Shawinigan, je suis resté en contact avec Martin Mondou, ma famille de pension. Les Cataractes m’ont aidé à grandir comme joueur, mais aussi comme personne. Ils ont été bons pour moi, c’est vraiment une organisation historique.»  Carl Tardif