Mythes et réalités en préparation physique

 

 

Au-delà du développement des habiletés sur la glace et des prises de décisions, le développement de la condition physique des hockeyeurs aspirant à jouer à un haut niveau devient un incontournable. Les objectifs de la préparation physique sont d’une part d’optimiser la performance sur la glace, et d’autre part de prévenir certaines blessures. Cependant, nous avons tous des idées préconçues sur l’entrainement physique. Voici certaines croyances populaires reliées à l’entraînement qui méritent d’être nuancées.

 

 

La préparation physique est essentielle pour jouer au hockey sur glace

Faux, mais…

La préparation physique est une activité commune chez les athlètes élites. Ses bienfaits ne sont plus à prouver. Mais chez les joueurs récréatifs, est-ce aussi important ? Bien entendu que non, mais pour eux, ce type d’entraînement peut aussi être bénéfique à plusieurs autres niveaux.

 

D’abord, la préparation physique permet de bouger et de rester actifs. En période de congé scolaire ou lors de l’entre-saison, un joueur qui est plus sédentaire peut pallier ce manque d’activité en s’inscrivant, par exemple, dans un groupe de préparation physique avec un spécialiste.

 

La préparation physique vise également à garder une bonne santé, tout en améliorant les performances au hockey. Par exemple, on sait que la vitesse est le nerf de la guerre dans ce sport. Il faut donc non seulement développer de bonnes techniques de patinage, mais aussi, d’excellentes qualités physiques comme la force, la vitesse, l’endurance et la mobilité. En s’entraînant pour performer au hockey, on améliore également sa condition physique générale et sa santé globale.

 

Un troisième avantage consiste à prévenir les blessures. Pour gérer les chutes accidentelles, les déséquilibres musculaires potentiels ou les contacts physiques sans se blesser, il faut des muscles stabilisateurs plus forts, une bonne posture et un bon équilibre musculaire. Cette préparation physique sera donc à la fois utile pour la performance et la prévention des blessures.  

 

 

 

 

La musculation ralentit la croissance

Faux, mais…

Force est de constater que certains mythes ont la vie plus dure que d’autres ! Certains sports, comme la gymnastique ou l’haltérophilie, favorisent les athlètes de plus petites tailles en leur donnant un avantage mécanique (plus petits bras de levier), d’où le lien qui pourrait être fait, à tort, entre l’entraînement et la croissance. Est-ce que le basketball fait grandir ?

 

L’entraînement musculaire chez les enfants et les adolescents est un important sujet de controverse et donne lieu à de nombreuses idées reçues. Cependant, cette peur, légitime des parents, repose essentiellement sur la désinformation autour du lien entre la musculation et la croissance. En réalité, suite à des sollicitations avec charges légères, et dans un contexte garantissant la sécurité, des effets positifs sont démontrés sur la croissance. Que ce soit au niveau des os, des cartilages, des tendons ou des ligaments, des sollicitations répétées, à un niveau d’intensité raisonnable, provoquent des adaptations qui, loin de constituer un risque, représentent plutôt un facteur de prévention et de progrès. D’ailleurs, l’éducation des jeunes au travail de musculation représente souvent une activité beaucoup moins traumatisante que la majorité des sports. Il faut également rappeler que la musculation n’est qu’un des nombreux outils à la disposition des athlètes pour améliorer leur condition physique.

 

La musculation n’engendre donc pas plus de danger que n’importe quelle autre pratique sportive, à condition toutefois de respecter certaines règles de sécurité, d’être supervisé par une personne compétente et de respecter certaines contraintes liées à la maturité des athlètes.

 

 

Pour avoir un bon entraînement, il faut être « raqué »

Faux, mais…

Suite à un exercice physique intensif ou inhabituel, de légers dommages musculaires (microlésions) sont produits et peuvent causer de légères douleurs musculaires apparaissant plusieurs heures après l’entraînement. Il est important de ne pas confondre cet inconfort avec une douleur étant le signe d’une blessure présente ou à venir.

 

La sévérité des courbatures ne dépend pas uniquement de l’intensité lors de l’entraînement, mais aussi d’autres facteurs :

  • Le type de contraction musculaire (eccentrique, concentrique, isométrique) : les exercices de musculation avec contractions excentriques causent plus de courbatures.
  • La durée et la difficulté de l’entraînement : Plus l’entraînement est long et intense, plus il risque de causer des courbatures.
  • L’amplitude de mouvement : plus les exercices sont effectués à grandes amplitudes de mouvement, plus ils risquent de causer des courbatures.
  • La nouveauté d’un exercice : les nouveaux exercices causent plus de courbatures que les exercices auxquels nous avons déjà été exposés.
  • L’expérience : plus un athlète est entraîné, plus l’intensité de l’entraînement devra être élevée pour causer des courbatures.

 

Est-il nécessaire de fournir un effort maximal pour s’améliorer ? Tout dépend du niveau de l’athlète et de l’objectif visé. Pour s’améliorer, il faut créer un effet de surcharge, c’est-à-dire en faire plus, ou plus intensément. Un débutant n’aura pas besoin du même niveau d’intensité qu’un athlète professionnel pour créer cet effet de surcharge.

 

Pour qu’un entraînement soit efficace, il ne s’agit pas seulement qu’il soit difficile. De nombreux autres facteurs entrent en jeu. Par exemple, demander à un joueur de hockey d’effectuer des séries de 50 accroupissements (squat) peut lui causer des courbatures, mais n’améliorera en rien ses qualités d’explosion.

 

La sévérité des courbatures ressenties suite à un entraînement n’est donc pas un signe de son efficacité. Les courbatures ne sont qu’un signe de dommage musculaire. L’entraînement ne sera efficace que s’il permet à l’athlète de s’améliorer vers les objectifs visés.

 

 

Les exercices doivent être spécifiques au hockey sur glace

Vrai et faux

Pour qu’un exercice soit considéré comme spécifique, il doit répondre à au moins un de ces trois critères :

  • L’exercice imite exactement le mouvement reproduit dans un sport ;
  • L’exercice crée le même type de contraction musculaire que dans le geste sportif ;
  • Il doit avoir la même amplitude de mouvement que le geste sportif qu’il prépare.

 

Alors, selon cette définition, le seul entraînement spécifique au hockey sur glace sera la pratique du hockey sur glace à proprement dit. Il n’est donc pas vraiment possible de faire un entraînement hors glace complètement spécifique au hockey. L’idée, c’est d’améliorer des qualités athlétiques qui seront transférées en geste sportif lors de la pratique du hockey. Ayant un meilleur athlète sous la main, l’entraîneur sur glace aura donc plus de latitude pour développer la technique et les tactiques nécessaires pour le faire progresser.

 

Avant d’analyser les facteurs de performances et les blessures les plus courantes au hockey sur glace, le préparateur physique analyse d’abord et avant tout les besoins spécifiques du joueur. Les athlètes ont tous des besoins à différents niveaux de l’endurance, la force, la vitesse, la souplesse, etc.  Le plan d’entraînement doit donc tenir compte à la fois des besoins de l’athlète, et des exigences du sport.

 

Pour un athlète professionnel maîtrisant déjà les bases de l’entraînement, le début de son plan sera axé sur la préparation physique générale. Plus l’athlète approchera le début de la saison, plus son entraînement se rapprochera des exigences du hockey. Cependant, pour un athlète plus jeune, le plan d’entraînement devra aussi tenir compte du niveau de maturité de celui-ci, à savoir où il en est dans ses stades de développement. Ceci aura une incidence majeure sur le choix des entraînements hors glace à proposer au joueur. Carey Price, avant d’être un gardien de but, est d’abord un athlète. Tom Brady, avant d’être un quart-arrière, est d’abord un athlète. Étant tous à prime abord des athlètes, ils se doivent de développer des savoir-faire physique communes à tous. Selon la maturité de l’athlètes, certains aspects du développement seront priorisés. Pour plus de détails à ce sujet, consulter le DLTJ.