Des trucs pour se motiver et avoir du plaisir à l’entraînement

 
 
 
 
 
Dans notre contexte de pandémie, les options pour s’entraîner sont limitées et l’incertitude peut aussi nous démotiver. Afin d’aider les joueuses et joueurs à retrouver leur motivation, le psychologue sportif est l’une des ressources à votre disposition.

 

C’est pourquoi Hockey Québec a discuté avec Jean-Michel Pelletier, psychologue sportif se spécialisant dans le hockey. M. Pelletier nous offre quelques trucs afin de retrouver notre motivation et le plaisir à l’entraînement.

 

À noter que ces trucs sont formulés de manière générale. Pour des conseils plus concrets, un psychologue pourra vous accompagner avec des suggestions adaptées à votre contexte et votre personnalité.

 

 

Photo: Gracieuseté Jean-Michel Pelletier

 

Jean-Michel Pelletier a obtenu son doctorat en psychologie clinique à l’UQTR en 2016. Sa thèse de doctorat portait d’ailleurs sur la qualité de la motivation afin de prédire l’activité physique. M. Pelletier a depuis offert ses services de psychologie sportive auprès de joueurs de hockey à la Clinique de la Motivation. Il a également présenté plus de 100 conférences et formations sur l’énergie mentale, la motivation et la performance.

 

 

Comment puis-je réactiver ma motivation?

Le travail de Jean-Michel Pelletier consiste à trouver des stratégies intéressantes pour que les jeunes joueurs puissent « réactiver leur motivation. » Étant donné la pandémie, Jean-Michel nous explique qu’il est normal de se sentir démotiver actuellement.

 

« La pandémie diminue notre sentiment de contrôle. On a l’impression d’être contraint et qu’on ne peut pas faire grand-chose. Cela active le sentiment d’impuissance. »

 

En réponse à ce sentiment, il propose cette idée comme point de départ.

 

« Dépendamment du contexte que tu as, c’est de se dire à soi-même : qu’est-ce que je peux faire pour reprendre le contrôle? »

 

Par exemple, M. Pelletier recommande de recommencer graduellement avec de courts entraînements. Sinon, la motivation peut se perdre rapidement.

 

« Un programme d’entraînement de 1h30 peut être vu comme une montagne. Mais ce n’est pas obligé d’être 1h30. 15 minutes au lieu de 0, ça peut être bon aussi. Ces 15 minutes vont te donner le goût d’en faire peut-être 30 demain. »

 

« Si tu ne t’entraînes pas une journée, et une autre, et une autre, c’est là que ça devient de plus en plus difficile de se réactiver », ajoute-t-il.

 

 

Visionnez un extrait de l’entrevue

 

 

L’importance du plaisir pour se motiver

Le plaisir est au cœur du hockey et il est important de le retrouver à l’entraînement. Selon Jean-Michel, le plaisir de bouger peut se réactiver via différentes activités sportives.

 

« J’encourage beaucoup les jeunes à être créatifs dans leur environnement. Si tu as des frères et sœurs, tu peux faire du sport avec eux. Le spikeball en famille, avec quatre personnes, ça peut être très amusant. Ce n’est pas du hockey, mais tu peux même faire du spikeball en patin. »

 

En ce sens, notre intervenant juge important d’activer la fierté, le plaisir et la stimulation lors de ces activités.

 

« Psychologiquement, le joueur de hockey est fondamentalement quelqu’un qui aime l’action, la stimulation, les intervalles. Peu importe l’entraînement ou le jeu que vous faites, essayez d’activer ces choses-là dans votre vie. »

 

« Vous avez besoin de sécréter de la dopamine et de la fierté. Il n’y en a pas beaucoup en ce moment alors que nous avons davantage des obligations. »

 

Par exemple, le psychologue sportif recommande aux entraîneurs de faire davantage de jeu à la fin d’un entraînement. « On a tous besoin d’avoir du fun et de s’amuser présentement », affirme-t-il.

 

« C’est bien beau apprendre, mais si c’est plate, les jeunes ne seront plus motivés. Au niveau où l’on est rendu dans la pandémie et le confinement, il faut faire des activités d’entraînement le plus le fun possible. »

 

Jean-Michel tient aussi à souligner le rôle important des parents et des entraîneurs dans cette situation « afin de rendre ces activités intéressantes. »

 

5 suggestions pour la pause

Pour les hockeyeurs qui désirent bénéficier de cette période afin de s’améliorer, Hockey Québec vous propose également ces cinq suggestions.

 

Visualisez le joueur de hockey que vous souhaitez devenir et se faire un plan en répondant aux questions suivantes

Qu’est-ce que je vais améliorer dans mon alimentation? Où, quand et comment je vais m’entraîner hors glace? Comment est-ce que je peux améliorer mon sommeil? Qu’est-ce que je vais faire pour améliorer ma compréhension du jeu, mes habiletés de maniement, etc. ?

 

Gardez contact avec vos coéquipiers

Vous pouvez, par exemple, vous rejoindre pour une rencontre virtuelle et regarder un match du Canada au Championnat Mondial junior ou pour un entraînement hors glace en équipe.

 

Avoir des comptes à rendre à quelqu’un est un puissant outil de discipline

Pour les joueurs pouvant se le permettre, s’engager avec un préparateur physique qui fera un suivi hebdomadaire, même en virtuel, augmentera votre engagement dans les temps plus difficiles. Sinon, cela peut être aussi simple que, par exemple, s’entraîner en virtuel avec un coéquipier à des journées et des heures fixes.

 

Améliorez votre compréhension du jeu tout en favorisant les contacts avec vos amis

Il peut être intéressant de regarder des matches de la LNH ou du Championnat Mondial junior avec vos coéquipiers et votre entraîneur. Aussi, Hockey Projection offre du contenu gratuit.

 

Profitez de la pause

Se rappeler qu’une pause de notre sport favori fait en sorte d’augmenter notre « envie » de jouer, et nous rend meilleurs au retour au jeu.

 

Au-delà du sport

En terminant, Jean-Michel Pelletier avait ce message important à partager; un message qui va au-delà du sport.

 

« Si vous vous sentez découragé, que vous vous trouvez nul, incapable, que vous voulez tout abandonner, que ça l’affecte vos résultats scolaires ou avez des symptômes dépressifs, on est là, les psychologues. On est là pour vous aider quand ça ne va vraiment pas bien.

 

J’aide les gens à réactiver leur énergie et performer, c’est ma job de psychologue du sport et de préparateur mental. Mais je suis aussi là comme psychologue quand ça ne va vraiment pas.

 

En ce moment, en pleine pandémie, lorsque vous êtes confinés, avez des échecs scolaires, avez des conflits dans votre famille ou avez l’impression que toute votre vie ne va pas bien, appelez un psychologue. C’est super important.

 

Toutes les épreuves peuvent être beaucoup plus difficiles en pleine pandémie. On l’oublie, mais les joueurs de hockey ont une vie. Ils vivent des ruptures et autres choses. Les psychologues, on est là pour vous accompagner. »

 

 

Besoin de parler? Des personnes sont là pour t’aider

 

Ordre des psychologues du Québec

https://www.ordrepsy.qc.ca/web/ordre-des-psychologues-du-quebec/trouver-de-aide

 

Jean-Michel Pelletier, Psychologue sportif

j.m.pelletierpsychologue@gmail.com

 

Association québécoise de prévention du suicide

(1 866 APPELLE (1 866 277-3553))

 

Sport’Aide

Téléphone ou texto : 1-833-211-2433 (1-833-211-AIDE)

 

Jeunesse, J’écoute

(1 800 668-6868)

 

Tel-jeunes

(1 800 263-2266)