PyeongChang 2018 : une infirmière québécoise arbitre les matchs de hockey féminin

 ©Getty Images
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Sur la glace, Gabrielle Ariano-Lortie affiche un air impassible, un équipement austère et un regard affuté pour signaler la moindre faute. Chez elle, la Montréalaise offre un tout autre visage. Le regard rieur et les cheveux détachés, elle évoque avec fierté sa sélection en tant qu’arbitre de hockey féminin pour les Jeux Olympiques de PyeongChang 2018.

« J’étais émue et soulagée et je me suis dit ‘oh mon dieu, ça y est j’ai réussi’ », s’enthousiasme la jeune femme de 33 ans. Elle a appris fin novembre qu’elle allait participer pour la première fois aux Jeux Olympiques, « le plus haut niveau qu’on peut jamais atteindre en hockey féminin ». 



Gabrielle Ariano-Lortie a commencé l’arbitrage il y a maintenant 16 ans. « À l’époque je jouais au hockey, un ami de mon frère est allé faire un stage d’arbitre et j’ai commencé à poser des questions », se souvient-elle. C’est ainsi qu’elle a décidé d’en faire un travail étudiant. Seize ans plus tard, « la vitesse du jeu, le fait que tout peut changer en une seconde » et son amour du patin ne l’on jamais faite décrocher.  


Une passion dans le sang

Elle avait pourtant de quoi laisser tomber. « Je suis infirmière en soins intensifs à l’institut de cardiologie de Montréal, donc je fais des journées de 12 heures », explique-t-elle, précisant que cela lui permet d’avoir plusieurs journées de congés pour « s’entraîner un peu plus. »



« Ce n’est vraiment pas évident », avoue-t-elle toutefois. « Je loupe des repas de famille parce que dès que j’ai un moment de libre, il faut que j’aille m’entraîner. Je me débrouille souvent seule parce que les arbitres sont moins entourés que les joueurs et joueuses. » Cette réalité se ressent d’autant plus dans le hockey féminin qui reçoit moins de soutien, moins d’argent et moins d’encadrement que le hockey masculin. « Un problème de société en général », ajoute Gabrielle.

La passion et la détermination l’ont pourtant fait gravir les échelons un à un. Elle a gagné en expérience et arbitré de grandes compétitions comme le Championnat mondial féminin de l’IIHF en 2015, 2016 et 2017, ainsi que la Coupe des 4 nations, la Coupe Clarkson et la Coupe d’Europe des clubs champions féminins en 2014-2015. 



« Cela fait quand même 7 ans que je fais des championnats internationaux, et plus tu fais des championnats du monde, plus tu as envie d’aller aux JO », avoue-t-elle. Son objectif désormais atteint, Gabrielle s’entraine un peu plus mais applique toujours les mêmes principes, à commencer bien entendu par la neutralité. 


« Des matchs comme les autres »

« Il ne faut pas se laisser influencer par ce que disent les entraîneurs, les athlètes et les spectateurs, même si parfois ils disent des choses vraiment pas gentilles. Il faut aussi être athlétique, parce qu’on est sur la glace en même temps que les champions olympiques donc il faut s’entraîner à ce niveau-là. »

La pression des Jeux Olympiques, elle a essayé de ne pas y penser. Pour elle, les matchs de hockey au niveau olympique restent « des matchs comme les autres », et elle ne sait qu’au dernier moment sur quels matchs elle officie. 

En cas de moment de stress, elle pourra compter sur deux amies qui ont fait le déplacement pour la soutenir. Elle a aussi emporté son porte-bonheur, « un petit homard rouge en peluche » qui la suit partout.


Alors si vous suivez l’un de ces matchs, pensez à regarder du côté des arbitres. Vous y trouverez peut-être une passionnée qui a réalisé son rêve.
 
Source
PyeongChang2018.com