Pascal Vincent : Tracer son chemin

Source: Hockey Québec | Pascal Vincent au stage Haute Performance1

 
 

Devenir entraîneur. C’est une décision de vie qu’a prise Pascal Vincent, actuellement entraîneur-chef chez le Moose du Manitoba dans la Ligue américaine de hockey, il y a déjà plusieurs années. Au fil des ans, il a tracé son chemin et emprunté les détours nécessaires en vue d’atteindre cet objectif.

 

Pour Pascal Vincent, la qualité première d’un entraîneur de talent est le leadership. « Je pense que tu dois être un leader. Pour moi, un leader doit apprendre à aimer servir sans rien attendre en retour. »

 

L’ancien joueur de centre ayant évolué dans la LHJMQ y est allé d’une comparaison assez bien réfléchie. « À mon avis, un coach, c’est un peu comme un GPS dans une auto; ça te donne le chemin. Si tu décides de tourner à gauche ou à droite, le GPS va te réajuster, ce sera un peu plus long et tu vas prendre un parcours différent. Il faut que l’entraîneur apprenne à connaître ses joueurs et leur rêve pour les accompagner là-dedans. »

 

M. Vincent a connu des hauts et des bas au fil de son parcours en tant qu’entraîneur de hockey. Tout ne s’est pas déroulé en ligne droite; il a eu à prendre d’importantes décisions qui ont eu un impact sur la suite de son cheminement. Celle de quitter son rôle d’adjoint avec les Jets dans la LNH pour être entraîneur-chef avec le Moose dans la AHL en fait d’ailleurs partie. « L’objectif ultime est d’être entraîneur-chef dans la Ligue nationale. Je suis allé avec le Moose pour plusieurs raisons. Je sais que pour être considéré comme un entraîneur-chef dans la Ligue nationale, avec mon parcours de coach junior qui n’est pas un ancien joueur de la LNH, il faut que les gens me perçoivent comme un entraîneur-chef professionnel. Ils savent que je suis capable d’être un adjoint professionnel, mais j’ai des choses à prouver en tant qu’entraîneur-chef », affirme-t-il.

 

Au cours des cinq années précédant son arrivée chez le Moose, M. Vincent avait refusé des postes d’entraîneur-chef pour d’autres organisations de la AHL. Pourquoi? Parce qu’il voulait rester avec l’organisation des Jets pour des raisons logistiques et familiales. Puis est venue l’offre tant attendue. « Ce que l’organisation m’a dit lorsqu’elle m’a offert la job, c’est qu’elle voulait quelqu’un qui avait des liens directs entre les Jets et le Moose, qui avait une connaissance des joueurs des deux équipes. C’est comme si les étoiles s’étaient alignées », complète-t-il.

 

C’est d’ailleurs dans l’organisation des Jets qu’il a rencontré un homme inspirant du nom de Paul Maurice, entraîneur-chef de la formation. « Paul Maurice est le Sydney Crosby des coachs. Il n’a pas eu l’opportunité de travailler avec des équipes qui atteignaient la maturité, mais il est extraordinaire. C’est une bonne personne, un bon entraîneur, il a de bonnes valeurs. Il est tellement intelligent, c’en est intimidant », avoue M. Vincent, l’admiration dans la voix.

 

Quand la vie fait bien les choses

Qui que l’on soit, bien des choses entrent en ligne de compte lorsque vient le temps de prendre une décision qui pourrait changer notre carrière, mais de l’avis de l’entraîneur-chef du Moose, le timing joue souvent pour beaucoup. « Je ne suis pas certain que je crois à la destinée, mais le timing est tellement important. Le mien a été extraordinaire. Avant d’aller au Cap Breton, j’ai eu une entrevue avec le Drakkar de Baie-Comeau et ça n’avait pas fonctionné. Si j’avais été là-bas au lieu d’aller au Cap Breton, je serais peut-être encore dans le coaching, mais je ne serais pas où je suis aujourd’hui. Les valeurs véhiculées à Winnipeg sont pas mal les mêmes qu’au Cap Breton. Ce sont des gens sincères, droits, francs et qui prennent des décisions pour les bonnes raisons. »

 

Bien entendu, les valeurs, la culture et la philosophie d’une organisation ont un impact dans la décision de se joindre ou non à une organisation en tant qu’entraîneur. « Au-delà de l’argent, il faut choisir une organisation selon ses valeurs. Je ne fais pas des millions, mais je fais assez d’argent. Ça n’a jamais été ma motivation. Honnêtement, choisir avec qui tu travailles est tellement important. Il faut s’auto-éduquer et travailler avec les bonnes personnes. Je n’ai pas nécessairement choisi mes organisations, j’ai été chanceux de travailler au Cap Breton et à Winnipeg, mais lorsque j’ai eu l’opportunité de choisir avec qui je travaillais, j’ai été bon, avoue l’homme de 45 ans. J’ai trouvé les bonnes personnes pour les bonnes raisons, des gens qui m’en apprennent autant que je leur en apprends », a-t-il laissé entendre.

Au bout du compte, l’important est toujours d’être heureux, et pour Pascal Vincent, ce n’est pas un problème. « Je me couche le soir, et j’ai hâte au lendemain matin. J’ai hâte d’aller à l’aréna, d’embarquer sur la glace. C’est ainsi que je me sens depuis six ans, depuis que je suis avec les Jets. Il y a eu des moments difficiles, mais j’ai appris. Hey, je suis un coach de hockey! Dans la vie, je me lève le matin, je mets des jeans et un hoodie, j’arrive à l’aréna, je me mets en tracksuit, je regarde du hockey. Je suis payé pour faire ça. C’est un rêve. Je ne pourrais rien demander de plus. Je suis privilégié. »

 

Source

Katherine Harvey-Pinard

Communications

Hockey Québec