Les secrets de l'entraîneur d'une équipe championne

 

 
 

Une saison de rêve. C’est ce qu’a connu le Blizzard du Séminaire St-François Midget AAA en 2016-2017. En plus de terminer première au classement général, la formation de Québec a remporté la convoitée Coupe Jimmy-Ferrari et quitté la Coupe Telus avec une médaille d’argent pleinement méritée. Discussion avec Martin Laperrière, qui était à la tête d’un groupe de joueurs des plus talentueux.

 

« Il n’y a pas une année qui se ressemble. Cette année on avait un bon mélange de joueurs. La première chose que je leur ai dit, c’est qu’ils allaient travailler. Tout le monde partait avec un tableau qui était effacé, peu importe ce qui était arrivé dans le passé », nous lance d’entrée de jeu l’entraîneur-chef du Blizzard, qui était présent à St-Jean-sur-Richelieu à l’occasion du stage Haute Performance 1.

 

Trois choses sont primordiales pour Martin Laperrière : l’attitude, la discipline et l’éthique de travail. « L’attitude, c’est au niveau du respect et de ce que tu es prêt à faire pour ton équipe. La discipline, c’est tout ce que tu fais quand on ne te regarde pas. L’éthique de travail, c’est lorsqu’on est sur la glace; ce sera le fun, mais on va travailler. Si on perd et qu’on a travaillé, je vous laisse tranquille, mais si on gagne et qu’on n’a pas travaillé, je vous jure que vous allez comprendre qu’il faut travailler. »

 

Une saison mémorable

 

La troupe du SSF a terminé la saison avec un total de 29 victoires et 11 défaites cette saison. « On a franchit les étapes. La saison a commencé, on a approché la première demie et le Challenge (Midget AAA) d’une certaine manière. On a connu des ratés au Challenge, ce qui a fait en sorte qu’on a pu s’ajuster à certains niveaux. Notre objectif était de terminer premier au classement, ce qui a été réussi. Ensuite, on s’est lancés dans les séries; on a fait des rencontres individuelles, fixé des buts, puis regardé comment réagir dans certaines situations (deux joueurs suspendus, un joueur blessés, etc.). »

 

Comme chez chaque équipe gagnante, un léger stress s’est toutefois fait sentir en fin de saison. « C’est certain qu’à un moment donné, les séries n’arrivent pas et les joueurs ont hâte, donc il y a une fatigue qui s’installe. On gère la fatigue, on réduit les entraînements et on change la routine pour que ce soit toujours intéressant. On essayait de voir comment approcher les gros matchs avec eux. On parlait d’attitude, du mind set qu’on aurait par rapport à tel ou tel adversaire », d’expliquer l’ancien adjoint des Remparts de Québec.

 

Les hommes de Laperrière ont connu un long parcours. L’encadrement des joueurs devait donc être optimal. Lorsque la formation a atteint la fameuse Coupe Telus, il s’agissait pour le groupe d’entraîneurs de bien préparer les joueurs à la pression qu’ils allaient vivre. « On essayait de les conditionner ; il fallait que les choses qu’ils ne contrôlaient pas les affectent le moins possible, mentionne-t-il. J’ai toujours mis l’emphase sur l’effort ; quand j’étais insatisfait et que mais joueurs étaient satisfaits, je leur disais que c’est parce que la barre qu’ils avaient mise n’étaient pas assez haute. On faisait en sorte qu’il monte leur barre plus haut, qu’ils respectent les standards que l’on avait établis. Mais l’objectif premier était vraiment de vivre dans le moment présent. »

 

Encadrer un leader

 

Plusieurs joueurs du Blizzard on su se démarquer de brillante façon tout au long de cette saison inoubliable, mais l’un d’entre eux a retenu l’attention de par ses habiletés et son leadership sur et hors patinoire. Il s’agit de Jakob Pelletier, lequel a connu une saison de 57 points, terminant au 4e rang des meilleurs marqueurs de la Ligue Midget AAA, rien de moins. « L’enthousiasme de Jakob est devenu contagieux. C’était le premier gars à embarquer sur la glace et le dernier à débarquer. Il s’amusait en jouant au hockey », affirme son entraîneur.

 

Pelletier, qui a entendu son nom être prononcé par le directeur général des Wildcats de Moncton lors du dernier repêchage de la Ligue de hockey junior majeur du Québec (LHJMQ), possède des qualités remarquables pour un jeune homme de 16 ans. « Un joueur que j’ai connu et qui était comme ça aussi, c’est Alexander Radulov. Il ne sortait pas de la patinoire avant d’avoir fait 10 buts sur ses 10 breakaway avec le backup goaler. Si le gardien arrêtait la rondelle, il recommençait. Il voulait devenir meilleur. Jakob, c’était la même chose ; c’était toujours plaisant, il était toujours prêt. C’est le gars qui venait te voir et te disait : ''Je m’excuse, je n’ai pas joué mon meilleur match ce soir''. C’était un gars qui en prenait beaucoup mais qui était capable de le gérer. Il est voué à un brillant avenir dans le hockey, c’est certain », a laissé entendre M. Laperrière.

 

Mais qu’enseigne-t-on à un joueur de la trempe de Pelletier ? « C’est certain qu’on a travaillé ses forces, mais aussi ses lacunes. On s’arrangeait pour qu’il garde sa confiance et qu’il continue à bien faire ce qu’il fait déjà très bien. On voulait aussi qu’il améliore l’ensemble de son jeu. On essayait de le mettre dans des situations difficiles pour le rendre encore meilleur qu’il l’était déjà. »

 

Source

Katherine Harvey-Pinard

Communications

Hockey Québec

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