« Les jeunes d’aujourd’hui
sont devenus des
athlètes spécialisés »

- Denis Fugère, dépisteur amateur pour les Kings de Los Angeles

Denis Fugère | Capture d'écran vidéo LA Kings Insider

 

 

Montréal (QC), le mardi 2 mai 2017 – Recruteur pour les Kings de Los Angeles dans la Ligue nationale de hockey, Denis Fugère a vu plusieurs jeunes hockeyeurs passer sous ses yeux. Au printemps 2006, le Québécois était sélectionneur pour Équipe Québec dans le cadre du Défi mondial des moins de 17 ans. Sa perception des jeunes hockeyeurs de division midget a, depuis, beaucoup évolué.

 

« Les joueurs de ces âges-là sont aujourd’hui un peu trop spécialisés "hockey". C’est bien beau de s’exercer et de rêver à peut-être, un jour, devenir un joueur de la ligue nationale ou de gagner sa vie en pratiquant ce sport, sauf que les jeunes deviennent ainsi des athlètes spécialisés », affirme M. Fugère.

 

Aux dires du dépisteur des Kings, cette spécialisation des hockeyeurs d’aujourd’hui se reflète à plusieurs niveaux, notamment dans la coordination œil-main.

 

Selon lui, si l’on donnait un ballon ou une balle de baseball à la majorité d’entre eux, il n’est pas convaincu qu’ils performeraient tous.

 

Hockey Québec encourage d’ailleurs les joueurs à pratiquer d’autres sports durant la période estivale. La fédération a apporté des modifications aux dates de ces camps estivaux; anciennement à la fin du mois de juin, début de juillet, les camps se tiennent maintenant au mois d’août. Hockey Québec a également raccourci d’une semaine ses programmes enrichis, en plus d’y inclure d’autres sports durant les différents entrainements hors-glace. L’objectif premier de ces modifications est de former un athlète beaucoup plus complet, et ce, à tous les niveaux.  

 

« C’est primordial de pratiquer d’autres sports, et de façon régulière, non seulement de temps en temps. Il faut arrêter de chausser les patins. Il n’y a que deux dimensions au hockey : la profondeur et la largeur; contrairement au soccer, basketball ou baseball par exemple. En s’entrainant à ces sports, on ajoute la hauteur comme troisième dimension. Force est d’admettre qu’en jouant uniquement au hockey, on en vient à perdre certaines habiletés », note M. Fugère. Ce dernier souligne également le fait que plusieurs joueurs professionnels s’exercent à d’autres activités sportives de manière récréative, notamment le soccer en entrainement d’avant-match, développant ainsi d’autres muscles. 

 

Quant à ses préférences d’athlètes, M. Fugère mentionne qu’il s’agit d’un tout. « C’est certain que si un joueur se démarque avec une qualité autre, je vais m’attarder à ses qualités motrices, de coordination globale par rapport au jeu et à ses habiletés physiques. À partir de là, je vais peut-être vouloir davantage vendre un hockeyeur moins habile, mais plus complet plus qu’un autre qui démontre certaines qualités, sans être un athlète. »

 

Gare à l’écœurantite aiguë

Un autre aspect négatif d’un joueur strictement spécialisé dans le hockey soulevé par le dépisteur est la possibilité d’en venir à une « écœurantite aiguë ».

 

« Je suis convaincu qu’il y a plusieurs joueurs qui décrochent à l’âge de 15, 16, 17 ans. J’ai toujours encouragé mes enfants et petits-enfants à pratiquer deux à trois sports jusqu’à l’âge de 10 ans. C’est possible qu’un jeune joue au hockey simplement parce que "papa et maman" sont toujours présents dans les arénas, mais peut-être qu'il souhaiterait jouer au soccer intérieur. »

 

 

Défi d'Excellence Gatorade | Équipe Bleu #19 : Alexis Lafrenière & #20 Xavier Parent

 

 

Direction Saint-John

Les dirigeants des dix-huit formations de la Ligue de hockey junior majeur du Québec (LHJMQ) étaient également présents lors du Défi d’Excellence Gatorade qui se déroulait au Centre d’excellence Sports Rousseau 27 au 30 avril derniers. Ils étaient tous, comme M. Fugère, bien attentifs aux futurs joueurs-vedettes du circuit Courteau.

 

Très tôt, dans leur jeune carrière, plusieurs hockeyeurs sont rapidement promus à une belle carrière; une pression qui peut être lourde à porter.

 

« Je prends l’exemple du Tournoi international de hockey pee-wee de Québec; Rob Blake et Nelson Emerson entrainaient alors les Kings junior. Je me rappelle qu’ils m’avaient donné un coup de fil : « As-tu vu ces jeunes? ». Bien sûr que j’avais vu et entendu parler des Samuel Poulin, Xavier Parent, Alexis Lafrenière et bien d’autres. Je préférais attendre de voir leur progression midget ou junior. Déjà au niveau pee-wee, ils semblent avoir le micro sous le menton pour les entrevues. Les journalistes en font déjà des dieux en devenir. C’est difficile pour ces jeunes-là de garder les deux pieds sur terre. Laissons les enfants être des enfants », conclut le Québécois.

 

Le prochain repêchage de la LHJMQ se tiendra le samedi 3 juin prochain, à Saint-John. Hockey Québec souhaite la meilleure des chances à tous les joueurs qui s'y rendront.

 

 

Source :

Marie-Joël Desaulniers

Coordonnatrice médias et communications

Hockey Québec

mjdesaulniers@hockey.qc.ca