André Tourigny : bâtir une culture d'équipe

 

 
 

André Tourigny a été entraîneur-chef chez les Huskies de Rouyn-Noranda pendant 11 saisons, rien de moins. Au cours de ces années, il y a construit une culture d’équipe qui, encore aujourd’hui, est au cœur de la meute. Voici l’importance que représentent les valeurs d’une équipe pour celui qui a dirigé la formation abitibienne pour près de 700 matchs en saison régulière. Peut-être quelques-uns de ces trucs vous guideront-ils dans le processus de création de votre propre équipe.

 

« Je pense que la culture d’équipe, c’est la base de tout, c’est la fondation. C’est le genre d’équipe et de jeunes que l’on va avoir. C’est le genre de joueurs et d’équipe que nos partisans s’attendent à avoir. La première chose que tu as à faire lorsque tu bâtis une équipe, c’est de bâtir une culture. Tu choisis ensuite les joueurs en fonction de celle-ci. Et ces derniers savent à quoi s’attendre », explique en premier lieu celui qui entamera dans quelques semaines sa première saison en tant qu’entraîneur-chef chez les 67’s d’Ottawa, dans la Ligue de l’Ontario.  

 

C’est à Rouyn-Noranda qu’André Tourigny a passé la majorité de sa carrière d’entraîneur. « Quand j’étais à Rouyn, les joueurs qui se faisaient repêcher ou échanger savaient à quoi s’attendre. Personne ne faisait le saut en arrivant parce qu’ils savaient le genre d’entraînement et d’intensité que l’on demandait. C’est comme quelqu’un qui choisit une école; il sait à quoi s’attendre. Le joueur qui s’en venait à Rouyn savait qu’il jouerait des matchs avec beaucoup de vitesse, très intenses et qu’il avait à être dédié à l’équipe. Personne ne venait à Rouyn en pensant que ce serait easy going. »

 

Il y avait une phrase qui revenait toujours lorsqu’André Tourigny était derrière le banc de l’actuelle troupe de Gilles Bouchard. « Chez les Huskies, on disait souvent ''The strength of the wolf is in the pack'', ''La force du loup est dans la meute''. C’était le concept d’équipe. On a jamais voulu mettre un joueur sur un poster ou faire de la publicité autour d’un joueur. C’était les Huskies, c’était tout le monde », dit Tourigny. « Souvent, dans notre recrutement, on disait que quand nous les aurons amenés à Rouyn, ils allaient vouloir rester. Ils allaient comprendre c’est quoi, ils allaient s’attacher », ajoute-t-il.

 

Personnalité versus habiletés

 

André Tourigny n'avait que du bon à dire sur la philosophie des Huskies lors de notre entretien. Le principal intéressé jugeait et juge encore que la personnalité d’un joueur constitue un aspect primordial dans le processus de sélection. « À Rouyn, lorsque l’on repêchait, il y avait trois critères prioritaires : Il fallait que les joueurs soient passionnés, compétiteurs et aient de la vitesse. On s’assurait aussi toujours que ce soit de bonnes personnes. On voulait des joueurs qui sont aimés de leurs coéquipiers. À partir de là, on savait qu’ils allaient être bien avec les Huskies », laisse-t-il entendre.

 

De toutes les équipes qu’il a dirigées, André Tourigny se souvient d’une en particulier qui l’a grandement marqué. « Quelques-unes des équipes que j’ai coachées étaient extraordinaires en termes de chimie d’équipe. Les gars de l’année 2004-2005 se réunissent tous les étés, encore aujourd’hui, pour aller à la pêche et faire le party. Ça fait 12 ans. Certains sont agents de joueurs, d’autres jouent encore. Ils n’habitent plus dans la même ville, mais ils se tiennent encore ensemble. Ça démontre à quel point la chimie était forte. C’est quelque chose que l’on a toujours cultivé à Rouyn-Noranda. C’était important pour nous, l’aspect famille. Ça commençait au deuxième étage et ça se transmettait jusque chez les joueurs », a pris le temps de nous expliquer l’ancien entraîneur-adjoint de l’Avalanche du Colorado et des Senators d’Ottawa.

 

« C’est une grande fierté. Marc-André Bourdon est de retour avec les Huskies, ça me donne des frissons. Daniel Leblanc est rendu dépisteur-chef. Steven Mercier sera de retour avec l’équipe. De voir tes anciens revenir comme ça, être attachés aux Huskies, ça démontre à quel point nous les avons marqués. »

 

Source

Katherine Harvey-Pinard

Communications

Hockey Québec